LES 15 BINÔMES PRÉSÉLECTIONNÉS EN 2015/2016

Le 18 et 19 janvier 2016, l'équipe du Prix Dauphine pour l'art contemporain s'est rassemblée pour sélectionner, parmi les cent candidatures reçues, 15 projets jugés sur leur qualité esthétique et curatoriale. Nous vous invitons dès maintenant à découvrir ces projets extrêmement riches et intéressants, parmi lesquels cinq seront nommés par les membres du jury pour être exposés à l'Université Paris-Dauphine du lundi 21 au jeudi 24 mars 2016 lors des Dauphine Art Days. 

Marie Barros / Poku Cheremeh 

Marie Barros / Poku Cheremeh 

Nous avons décidé de participer au concours du Prix Dauphine ensemble pour exprimer nos deux points de vue, ayant tous deux un rapport différent à l'immigration et à la France. Nos thématiques se recoupent sur les notion de la frontière et de l'identité et nos points de vue se complètent, offrant un regard diversifié sur l'intégration culturelle de la jeunesse expatriée. Les œuvres relatent les thématiques de la frontière, de l'intégration parfois douloureuse, de la construction de l'identité.

BLBC / Victor Cord'homme

BLBC / Victor Cord'homme

Etant donnés

La rencontre entre l’artiste Victor Cord’homme et le collectif BLBC s’est fondée sur la découverte d’un champ de recherche commun, le rapport du spectateur à l’oeuvre et la question de la participation, renforcée par une volonté partagée d’inscrire cette étude dans la pluralité des médiums. Installations mêlant peintures, sculptures et dispositifs numériques pour Cord’homme, Création d’évènements hybrides pour BLBC, expositions, happenings dans l’espace urbain, scénographies même dans des lieux festifs, afin de confronter la matière artistique à des publics et des environnements multiples.
La construction de ce projet s’est alors ancrée dans un échange autour des oeuvres existantes de Victor Cord’homme entre l’artiste et les commissaires, afin d’interroger justement l’exposition et ses « Etants donnés », oeuvres, publics, espace comme autant de variables qui mutent et influent les unes sur les autres. Par là, le binôme commissaires-artiste questionne, au delà même de sa propre relation, celles qui s’établissent par « co-présence » dans l’espace d’exposition à travers des oeuvres ambiguës, ni tout à fait autonomes, ni tout à fait participatives. 

Simon Bruneel Millon / Lazy Mom

Simon Bruneel Millon / Lazy Mom

LAZY MOM est un duo formé par les artistes newyorkaises Josie Keefe et Phyllis Ma, le personnage fictif d’une mère de famille trompant son ennui en jouant avec la nourriture. Au lieu de servir à la préparation du repas des enfants, les aliments sont mis en scène dans des compositions excessives, des natures mortes sous forme de sculptures, de photographies, de GIFs et de vidéos. 

L’exposition du travail de LAZY MOM par Simon Bruneel-Millon est un tandem à plusieurs couches. Dans une profusion de viande reconstituée sous vide, Picnic explore tout autant la dualité entre la représentation de la nourriture et sa diffusion sur les réseaux sociaux que la relation qui lie les deux artistes à leur personnage de fiction.

Simon Cau / Antoine Carbonne

Simon Cau / Antoine Carbonne

En convoquant la définition originelle du mot Tandem et en incitant le public à participer à la création de quatre diptyques inédits, « Le début et la fin » est une exposition évolutive qui élargit l’acception courante du thème proposé et interroge les formes traditionnelles de la collaboration artistique dans ses dimensions spatiale, temporelle et humaine.

A l’Université Paris-Dauphine, quatre peintures d’Antoine Carbonne sont accrochées en miroir avec une toile – vierge – de matière et de format identiques et sont accompagnées d'images ayant inspiré leur création. Durant l’exposition, le visiteur est invité à apporter ou à envoyer un document, visuel ou texte, en réponse à ce que chaque œuvre lui évoque. L’artiste piochera parmi les documents fournis afin de réaliser le second volet du diptyque. L’ensemble des quatre diptyques ainsi constitués sera révélé lors de l’exposition à la Galerie d’art du CROUS.

Liya Ma / Eunji Choi 

Liya Ma / Eunji Choi 

Projet In Citu#... 

Tout commence à Les villes invisibles d’Italo Calvino que j’ai décidé de faire un voyage moi-même à pied sur la route St-Jacque-Compostelle : une route longue vers son terminus, dif cile à marcher toute seule, mais fascinante des rencontres des villes. 

Puis le projet In Citu ( = In Cité + In Situ) a écrit après mes expériences singulières, et avec celles de Eunji Choi qui était à Seoul juste après les études de l’ENSA limoges. Nous allons commencer le In Citu #1. Avec lequel nous questionnons sur : Comment l’internet devient-il un outil de diffusion et de présentation d’un produit artistique ? Comment la ville devient le producteur d’art ? Comment rivent-t-ils le temps, les espaces différents, le spectateur et l’artiste? Et ce qui est le plus important pour nous, comment l’interaction se crée entre celui qui montre, et celui qui observe ?

Céline Glatard / Savana Elahcene 

Céline Glatard / Savana Elahcene 

L’exposition « Les hauts-fonds. Savana Elahcene » présente 103 œuvres, photographies, volumes et leurs documentations. Son discours artistique repose sur le relevé systématique des formes de la nature, celles qui émergent des bords de mer et des sols des forêts. L’empreinte est travaillée de sorte qu’elle évoque le réel et s’en détache aussitôt, dans un jeu savant et poétique suscitant l’imagination, l’émotion et le souvenir du visiteur. La collecte ouvre la voie à l’identifcation du vivant et de l’intime en même temps.

Léa Flamand / Daniel Andrés Alcazar

Léa Flamand / Daniel Andrés Alcazar

FACE est une exposition de Daniel Andrés Alcazar en deux parties, qui comprend des photographies de sa série Make America **** Again, ainsi qu’une installation multimédia Reflection I, II, III and IV.
FACE c’est le collage face contre face de la musique et de la photographie dans les Reflection I, II, III and IV, d’ombres et de lumières dans Make America **** Again.
FACE c’est le dialogue face à face des sens ou des motifs, la danse hypnotique, le tandem qui résulte en harmonie ou en cacophonie.
FACE c’est pile et face, la réalité et son rendu photographique, l’objet et son reflet, l’artiste et son œuvre. 

Julia Gault / Timothée Viale

Julia Gault / Timothée Viale

Attractions est un projet ayant pour propos d’aborder les différentes notions que la verticalité impliqueet ce, à travers le travail de l’artiste Julia Gault. Elle questionne les conceptions de la verticalité dans leur sens global : on y trouve des allusions à la spiritualité, à la condition verticale de l’homme et son potentiel physique, mais aussi la remise en cause même de la matière et sa capacité à être érigée. S’élever, ou élever la matière, c’est prendre le risque de retomber, de la faire chuter. Les œuvres présentées témoignent de la fragilité et des problèmes engendrés par la verticalité, à travers des sculptures en équilibre précaire, mais aussi via des vidéos qui explicitent sa nature instable. 

Mathilde Leichlé /Raphaëlle Péria  

Mathilde Leichlé /Raphaëlle Péria  

Cartographie intérieure

En 2012, lors d'un voyage, l'artiste Raphaëlle Peria photographie des paysages. A son retour, elle ne les comprend plus. La matière photographique fait obstacle à la vérité de son souvenir. Elle la gratte, la soulève, la soustrait pour faire réapparaître la sensation initiale. Ces gravures sont un médium du souvenir aboutissant à une cartographie de l'âme et de la sensation retrouvée. L'artiste crée un univers de symboles relevant à la fois de paysages concrets et d'une vision personnelle. 

Au cours de cette exposition, l'artiste et le curateur, Mathilde Leïchlé, lisent au visiteur leur correspondance imaginaire. Au fil des mots qu'elles échangent, elles élaborent une définition de ce que sont, pour elles, l'art et la création. C'est ensuite au visiteur de prolonger ce mouvement, cette dynamique de création de sens en y associant sa présence. 

L'exposition devient à son tour espace de création d'un souvenir élaboré à trois voix – artiste- curateur-visiteur – à partir des lieux du souvenir premier de l'artiste. Ensemble, l'artiste, le curateur et le visiteur élaborent une cartographie intérieure de l’œuvre, matérialisée dans l'espace comme un paysage et dans le temps comme un souvenir. 

Anaïs Lerendu / Mathieu merlet-Briand 

Anaïs Lerendu / Mathieu merlet-Briand 

Cette installation vient questionner la double notion de « site », physique et virtuel et propose un espace, hors de toute temporalité, invitant le spectateur à éprouver cette dimension d' « archéologie-fiction ». Les textures des pièces présentées sont issues des « googles matter », matières digitales conçues par un logiciel que l'artiste a développé. Elles proviennent d'un recyclage d'images issues de recherches de matières minérales sur Google (limestone, granite, carrara marble, …). Dans une réappropriation des concepts de « site, nonsite » de Robert Smithson, l'artiste interroge ici la notion de fragmentation, présente à la fois dans ces ruines post-digitales comme à travers leurs textures, qui ne sont en somme, qu'illusion d'une matérialité.

Jeanne Rethacker / Anna Ternon

Jeanne Rethacker / Anna Ternon

Ce projet d’exposition naît d’un voyage, que l'artiste et la commissaire entreprennent ensemble à travers l'Europe de l'Est en 2010. L'évocation de ce voyage six ans plus tard, entraîne une réactivation de la mémoire. Les deux protagonistes entreprennent alors une double narration autour d’un récit - biaisé et idéalisé. Cette exposition est un conte, un carnet de bord. Carnet non pas d’un voyage, mais d’un souvenir. Ce projet se place comme un système de recherche des différents moyens de mutualiser la mémoire.

Laura Schwartz / Sabyl Ghoussoub 

Laura Schwartz / Sabyl Ghoussoub 

Kess Emek (Strange to Meet You) est l’histoire d’une rencontre. Dans ce projet d’exposition, Laura Schwartz et Sabyl Ghoussoub se sont associés pour créer une proposition originale en tandem au cours de laquelle sont mises à mal les frontières entre un artiste et une commissaire ; entre deux pays ; et enfin entre deux parcours. En effet, le projet s’attache à déchiffrer le moment d’une rencontre et les conséquences artistiques et personnelles que celle-ci engendre. 

A posteriori inévitable, leur formation en duo leur a permis de dépasser les espaces géographiques et mentaux dans lesquels ils se sentaient confinés. Kess Emek (Strange to Meet You) tente de relater l’instant où deux personnes prennent la décision non plus de collaborer l’un à côté de l’autre mais de se recréer l’un et l’autre.

Hélène Soumaré / Gillian Brett

Hélène Soumaré / Gillian Brett

Relique d’une fête foraine fantasmée et déserte, pièces rapportées d’un univers qui n’existe pas, miroirs démultipliés, écrans brisés d’un monde où la technologie serait inutile, arrêtée.
En nous donnant à voir des machines dénuées de fonction Gillian Brett nous invite, par le recours au regard enfantin, à la satire et à la dérision, à nous interroger sur la place qu’elles ont prises dans notre monde. Les oeuvres présentent un monde à la limite. Elles gurent des dispositifs qui ont tous en commun d’être des espaces de projections. L’exposition met en scène un théâtre possible du monde, de ses simulacres et de ses vanités. 

Laurie Mortreuil / Queenie Tassell

Laurie Mortreuil / Queenie Tassell

L’exposition All for you propose une réponse poétique au sujet “tandem”.
Elle tend à narrer ce qu’il y a en amont d’une rencontre : le rituel de préparation. All for you aborde les différentes phases de ces rituels intimes allant de l’expectation purement imaginaire jusqu’à la mise en beauté.
Le travail de Laurie Mortreuil est empreint de questions relatives à l’apparat, à la séduction ainsi qu’aux changements d’états physiques et psychiques. Nous proposons une exposition au sein de laquelle toutes les pièces se répondent et forment une entité. Force d’une volonté d’échange et de partage, l’adresse au corps du spectateur est plus que présente au sein de ce projet d’exposition. 

Anaïs Bosc Bierne / El Mehdi Largo

Anaïs Bosc Bierne / El Mehdi Largo

A travers différents médiums (vidéo, photo, céramique...), Mehdi tisse une toile alimentée constamment par ses expériences et son vécu, mais aussi par celui de ses proches et de ses nombreuses rencontres au cours des dernières années. Après avoir apprivoisé un monde dans lequel il a plongé en venant au Mans pour ses études, il s'est placé en tant que traducteur des attitudes et des rêves d'un réalité que l'on ne voit pas et que l'on comprend mal.

De part son regard et ses réflexions sur des questions d’identité, d’immigration, de conditions sociales ou de religions, Mehdi chahute le visiteur en lui montrant des vérités qui ne sont pas les siennes. En usant d'ironie et de cynisme dans certains de ses travaux (les brassières de sauvetages, le bénitier ou encore les jeux de loto) il transporte le spectateur dans les remous de la mer Méditerranée et dans les clichés qui accompagnent cette traversée pour lui faire prendre conscience des dures et parfois tragiques évidences qu'il côtoie les yeux fermés.