Des nouvelles des lauréates de l'édition 2016

Nous avons rencontré Gillian Brett et Hélène Soumaré, binôme artiste/curateur lauréat de l'édition 2016 du Prix Dauphine pour l'Art Contemporain. Nous avons rencontré Gillian Brett et Hélène Soumaré, binôme artiste/curateur lauréat de l'édition 2016 du Prix Dauphine pour l'Art Contemporain. 

L'Artiste :

Gillian Brett (à droite sur la photo) commence ses études d’art à l’ENSAAMA Olivier de Serres puis transite par la Villa Arson. Diplômée en 2015, elle reçoit une bourse de l’Institut de France de la Fondation Kenza offrant un an d’étude à l’étranger qu’elle passe à Londres au Goldsmiths. Actuellement en résidence en Autriche à Vienne à la Weisse Haus, elle exposera sur place le 16 janvier. Gillian Brett prépare actuellement un voyage en Inde pour échanger avec des étudiants en art, au nord de Calcutta.

“J’ai connu le Prix Dauphine pour l’Art Contemporain via le site du CNAP. J’en avais discuté avec un ami en études de curateur au Royal College qui tentait le prix avec un artiste parisien, déjà à Londres, on connaissait le Prix !
 J’ai proposé à Hélène de m’accompagner en tant que curatrice. Ce n’était pas simple pour nous puisqu’elle habitait à Nice et que moi j’étais à Londres. Nous nous étions rencontrées à l’Espace de l’Art concret à Nice, lors d’un stage. Hélène est philosophe de l’art et bossait à l’IAE. C’est aussi le regard théorique qui importait. Je suis assez difficile à la critique mais Hélène a su poser les bonnes questions et faire des liens.”

La rencontre artiste/curateur du point de vue de l’artiste :

“J’avais déjà beaucoup travaillé sur la présentation de mes travaux à la Villa Arson mais le Prix Dauphine était mon premier pas en dehors de l’école, c’était un bon exercice. Je m’exprime plastiquement et c’est plus difficile pour moi de mettre en mots. J’ai l’impression parfois que les mots sont réducteurs mais il est intéressant d’avoir l’opinion, l’avis et l’expression du curateur. Le curateur traduit des idées. C’est comme traduire une autre langue, c’est assez délicat."

Le Prix Dauphine pour Gillian, c’est...

"Le Prix Dauphine pour l’Art Contemporain m’a permis une belle rencontre avec le jury et l’opportunité de pouvoir leur montrer mon travail. C’est un bon moyen de se mettre dans une position plus professionnelle puisque nous sommes des jeunes artistes sortant d’écoles. À la galerie du CROUS nous avons pu construire une exposition très librement sur un espace personnel. Cela à donné une très bonne visibilité à mon travail. J’ai pu vendre des pièces et rencontrer de nombreuses personnes. C’est un moyen de construire un réseau. 
J’ai trouvé par ailleurs ça intéressant de travailler avec l’équipe du prix Dauphine car comme moi c’est la génération qui va travailler dans le champ de l’art.”

La Curatrice :

Après le bac, Hélène Soumaré a réalisé des études de philosophie, un master en histoire de la philosophie puis une réorientation en philosophie de l’art et esthétique à Paris IV. Elle a ensuite réalisé plusieurs stages dans des galeries et musées à Nice, dont un à l’Espace de l’Art concret, un centre d’art contemporain sur les hauteurs de Nice où elle a rencontré son futur binôme artiste dans le cadre du Prix Dauphine, Gillian Brett. Hélène Soumaré est actuellement en stage à la Fondation Ricard. 

La rencontre artiste/curateur du point de vue de la curatrice : 

“J’étais très demandeuse de mots alors que Gillian était dans son travail plastique, qui se formule autrement. J’avais besoin de mettre des mots et de construire un discours. Ce qui était à la fois intéressant et compliqué. Etant donné que Gillian était encore une jeune artiste, et étant donné aussi la façon dont elle se rapporte à son travail, il s'est agit pour moi d’un réel effort d’objectivation du travail plastique. J'ai le sentiment que notre travail en commun sur la construction d'un discours, d'un propos autour d'un projet d'exposition est ce qui, en plus de la beauté des œuvres de Gillian, a fait la différence. J’ai senti que cela fonctionnait lors de la visite du jury.”

Le Prix Dauphine pour Hélène, c’est...

“A mon niveau, le Prix Dauphine a été très formateur. Cela m’a permis d’appréhender la différence entre l’idée que l’on se fait d’une exposition et sa réalité. Il a fallu respecter des deadlines, produire dans certaines conditions, etc. Et en même temps faire quelque chose de cette totale liberté qui nous a été donnée de produire une exposition. Le jury a dit vraiment de belles choses sur les œuvres de Gillian. C’était un moment émouvant. J’imagine que pour un artiste, la validation par des personnalités importantes du monde de l'art rassure et permet d'avancer avec plus de détermination. Depuis l'année dernière, plusieurs personnes rencontrées m’en parlent et connaissent le Prix. C'était une belle expérience et peut-être même d'une certaine façon déterminante.